Réforme des retraites : Ce qu'exige le Medef
Par la rédaction le mercredi 1 septembre 2010, 17:49 - Eléments de débat - Lien permanent
Un article paru dans La Croix , ce jour, montre l'influence du Medef sur la construction de la réforme des retraites.
Edifiant... Plus que quelques jours pour mobiliser autour de vous pour le 7 septembre 2010!!!
La retraite à 62 ans constitue un "grand pas " pour le
Medef. L'organisation patronale, en université d'été à partir du 2 septembre, a
su se faire entendre du gouvernemnet sur bien des points concernant la réforme
en cours. Revue de détails.
Dans le programme de l’université d’été du Medef qui débute le 1er
septembre, le dossier des retraites, inscrit au menu du débat "Les mots qui
fâchent", est loin de faire figure de thème central. "Un lobbyiste intelligent
sait qu’il vaut mieux rester discret une fois que son point de vue a été
entendu", commente, un brin ironique, Bruno Palier, chargé de recherche du CNRS
à Sciences-Po et spécialiste des retraites. Car dans le débat d’idées qui a
précédé la réforme, et dans celui, plus discret, sur les futurs amendements de
la loi discutée à l’Assemblée dès mardi, le Medef a réellement
pesé. Sans pour autant obtenir gain de cause sur tout.Refus de l'augmentation des cotisations
"Le premier effet de l’influence du Medef, estime le chercheur, a été d’exclure du débat la solution de l’augmentation des cotisations", piste privilégiée des syndicats. En modifiant le calcul des allègements de charges sur les bas salaires pour qu’il n’avantage plus les entreprises versant des treizièmes mois, ce qui devrait rapporter 2,2 milliards d’euros par an, le gouvernement n’a certes pas fait plaisir à Laurence Parisot.Mais la patronne des patrons, qui n’est pas demandeuse non plus de l’allègement de charges pour l’embauche des plus de 55 ans, sait aussi qu’elle a évité bien pire à ses adhérents, à savoir la création d’une nouvelle taxe sur les entreprises. Ou le durcissement de la pénalité financière appliquée depuis 2010 aux entreprises qui n’auraient pas de plan d’action sur les seniors, calibrée de telle sorte que très peu seront sanctionnées.
Report de l'âge légal de départ en retraite
Laurence Parisot a surtout été la première à introduire dans le débat l’idée d’un report de l’âge légal de départ au-delà de 60 ans. En mai 2008, elle s’était même prononcée pour 63,5 ans. Elle a donc salué comme un "grand pas" le relèvement à 62 ans. "C’est une évolution pour le patronat qui, jusque dans les années 1990, était dominé par une industrie pas du tout hostile aux préretraites", observe Bruno Palier, qui estime que "désormais, le capitalisme financier a pris le dessus, notamment le monde des assurances, qui souhaite vendre des produits d’épargne retraite". Déjà incisif sur cette question en 2003, le Medef a proposé en mai dernier "un nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire, de système par capitalisation" en complément de la répartition. Pour l’instant absente de la réforme, l’épargne retraite devrait resurgir à la faveur d’amendements UMP.La pénibilité encore en chantier
Reste la question de la pénibilité. Le Medef est certes satisfait que l’exécutif ait retenu l’idée d’une appréciation au cas par cas, après visite médicale. Mais le dispositif, qui permettra aux personnes en incapacité de plus de 20% de partir dès 60 ans, sera financé par la branche Accidents du travail, alimentée par les seules cotisations patronales. C’est donc peu dire que Laurence Parisot combattra pied à pied tout élargissement du dispositif par amendements.Article paru dansLa Croix du 1/9/2010
Nathalie Birchem
Source en ligne
















