Et maintenant, on passe au Plan B !
Par la rédaction le mercredi 24 novembre 2010, 19:31 - Analyse du mouvement - Lien permanent
Un texte émanant de l’AG interpro de la gare de l’Est.
Les différentes formes de mobilisations contre la réforme des retraites ont
fédéré des millions de personnes, dans les rues, les actions, les blocages, les
Assemblées générales.
Pour autant nous ne sommes toujours pas entendu par le gouvernement, complices
des marchés, de leurs amis capitalistes et néolibéraux, tenant la plupart des
médias, banques, entreprises...
Pour pouvoir guérir une maladie, il faut poser le bon diagnostic... Dans notre
situation, il est important de réaliser que cette poignée de personnes est
véritablement en guerre contre nous tous, salariés, précaires, étudiants,
retraités...
Ils sont peu comparés au peuple mais leur force, la seule, réside en la
solidarité de classe héréditaire et comme peut-en développer un groupe social
menacé de disparition. Warren Buffet, 3e fortune mondiale en 2010, ne
déclarait-il pas au New York Times, le 26 novembre 2006 : "C’est évidemment une
guerre de classes, et c’est ma classe, celle des riches, qui la mène et qui est
en train de la gagner".
Pourquoi ?
Qu’elle est la seule chose qui puisse faire peur à un fond de pension, une
banque, un trader, un économiste pro-croissance et productivité, un chef
d’entreprise, un député ou sénateur ventripotent, un gouvernement (de droite ou
gauche : tous deux ont trahi, renonçant à l’intérêt général, au profit de
lobbys particuliers) ?
Les atteindre au seul endroit douloureux pour eux : le blocage de l’économie,
de la circulation d’argent.
Depuis des semaines, on voit un soutien massif et constant de 2 personnes sur
3, favorables à ce blocage, malgré les conséquences que cela implique sur leurs
vies personnelles. Des caisses de grèves qui se recrées, qui se remplissent,
quand leur existence semblait reléguée au fond de livres d’histoire
poussiéreux, sur une lutte des classes disparue à jamais : et bien NON !
Pour autant, Il n’est pas possible de lutter contre une injustice par
procuration : même en finançant une grève, encore moins en se reposant sur ceux
qui ont le courage de dire NON et d’arrêter le travail. Il n’y a donc qu’une
possibilité, que politiques, nombreux syndicats et spéculateurs redoutent (et
oeuvrent à briser, tant concrètement que sa possibilité de réalisation même
dans les esprits) : la GREVE GENERALE.
Elle doit être choisie, comprise dans ses objectifs, décidée individuellement,
en son âme et conscience, mais avec la volonté de la mener collectivement. Avec
cette solidarité qui nous a tant manquée et que nous commençons juste à
reconstruire, lorsque la nécessité seulement nous y contraint. Et bien
rétablissons-là pleinement, dans ce but précis ! Assumons notre pouvoir (dont
nous n’avons jamais été dépossédé , ou par notre résignation, et que tant
d’entre nous ont si peur d’exercer !) : le nombre, et la légitimité qui en
découle !
Comment ?
Un Ultimatum a été posé aux Antilles, à l’initiative du LKP, avant une grève
générale aux Antilles le 14 décembre de cette année 2010. Pourquoi ne pas
converger dans la lutte et faire un bloc commun avec cet Appel ?
Assez des divisions politiques, syndicales, partisanes, sociales, religieuses,
intergénérationnelles, etc.. ? Alors passez à l’action ! Ces clivages, créés et
entretenus par les pouvoirs successifs, afin de nous affaiblir, nous détourner
de nos vrais ennemis, ceux-là mêmes qui mettent en avant ces divisions et les
cultivent, sont l’application de la maxime : " diviser pour régner " !
Comment faire pour débrayer et pratiquer la grève ??? Sauf la fonction publique
ou à un secteur tel que transports collectifs (auquel cas il faut déposer un
préavis -et encore, cela reste théorique, puisqu’en cas de grève générale, qui
pourra sanctionner des millions de salarié-e-s ?!) il n’y a aucun document
préalable à déposer, d’aucune sorte, dans le secteur privé, tout licenciement
ou menace pour fait de grève serait déclaré illégal par un tribunal. Mais, il
faut s’y préparer, en réunissant sous toutes forme le plus de salariés de votre
entreprise afin de remettre au centre la solidarité parfois oubliée, tenir des
Assemblées Générales ou Comités de Grève quotidiens pour décider ensemble des
actions à faire, des blocages et soutiens éventuels à d’autres secteurs
professionnels...Comprendre qu’il faut se ré-approprier les modes de luttes par
ceux qui luttent, et non plus les laisser aux appareils syndicaux traditionnels
(trop souvent vendus). Les imaginer, les faire vivre, les adapter. Et prendre
contact avec les autres Assemblées de grévistes au niveau local,
interprofessionnel, afin de coordonner la lutte et d’y être représenté... Le
site internet
www.7septembre2010.fr
recense et propose des outils à ces fins.
Nos oppresseurs comptent sur la résignation, le paternalisme, le patron se
sachant être symboliquement le parent qui punit et récompense
l’employé-e/enfant docile ! La peur aussi nous lie parce que nous perdons de
vue le fait que nous sommes le nombre. Et puis quoi ? Qui, par qui et pour qui
toute cette société fonctionne ? Pour 0,02% des résidents les plus riches en
France ? Ou pour les 99,98% restant, c’est à dire NOUS !
Alors oui, ce matin du 14 décembre, au moment où l’impact économique sera le
plus fort avec la consommation pour les fêtes d’une fin d’année qui laissera
sur le bord de la route 5 millions de chômeurs-es, ARRETONS !
Occupons toutes les entreprises, partout, cessons le travail et reprenons enfin
possession de ce qui nous revient en premier : le choix de notre vie ! Jusqu’au
retrait inconditionnel de cette réforme, dans un premier temps... Reprenons le
pouvoir Politique ! Arrêtons de faire tourner une économie qui nous réduit à
l’esclavage d’un salaire de misère, de l’usure physique, psychique, morale, qui
nous propose de mourir en travaillant (un ouvrier meurt à 69 ans en moyenne,
l’espérance de vie en bonne santé est de 63 ans en France, données INSEE), pour
sauver encore quelques banques et permettre à la France d’emprunter, de
délocaliser, de faire flamber les bénéfices d’actionnaires, de traders, de
compagnies d’assurance-vie...
Et pour nous, quel avenir, quel choix de société !?!
















Commentaires
comment mobiliser plus largement que les personnes participant aux ag, consultant les sites alternatifs ? en effet nous avons besoin de fédérer l'ensemble de la population pour réussir à renverser ce gouvernement, cette démocratie autoritaire et commerciale. je crois qu'il ne faut pas hésiter à aller dans les quartiers, discuter avec le peuple, aider à faire prendre conscience de l'exploitation dont nous sommes victimes et promouvoir une organisation sociale égalitaire, solidaire & vraisemblablement libertaire. une fois la population acquise à ces analyses (cf texte plan b par exemple), alors nous pourrons agir EFFICACEMENT car nous serons le peuple.
"il n’y a aucun document préalable à déposer, d’aucune sorte, dans le secteur privé, tout licenciement ou menace pour fait de grève serait déclaré illégal par un tribunal."
Relire le code du travail ! Toute grève doit être précédée par le dépôt d'une revendication d'ordre professionnel ; l'échec des négociations est alors l'élément déclencheur de la grève. Sinon, le grève n'est pas licite (je crois que l'on utilise ce terme, et pas celui d'illégalité). Bien sûr, si on se met en grève pour faire plier le patronat et lui faire lâcher la domination de classe (!) on s'en moque du caractère licite ou non. Mais même pour cela, il ne faut tout de même pas être amateur...
Jean
aider à faire prendre conscience de l'exploitation dont nous sommes victimes et promouvoir une organisation sociale égalitaire, solidaire & vraisemblablement libertaire. une fois la population acquise à ces analyses (cf texte plan b par exemple), alors nous pourrons agir EFFICACEMENT car nous serons le peuple.
Ce n'est donc que lorsque "la population" sera " acquise à ces analyses" que nous pourrons agir ? Et pas avant ? Et ce n'est qu'alors que nous serons le peuple, pas avant ? Plus encore, on n'est peuple que lorsqu'on agit efficacement ?
Les idées ne viennent-elles pas en marchant, comme l'appétit en mangeant ?
Que de confusions, d'approximations. La forme que revêt la subversion est un peu devenue celle d'un examen : d'abord, on accumule les connaissances, puis on "va" à la subversion un peu comme à un épreuve.
Il faut en finir avec cette idée d'une force de blocage : nous ne sommes pas une force de blocage, mais une force de construction et la lutte des classes ne se réduit pas à une contestation de la circulation, mais de l'aliénation du travail.
Bref, le mouvement des Ag interpro, qui n'avait de grandeur que comme expression d'un mouvement de contestation généralisée, en se conservant en l'absence de contestation, chute dans le ridicule et se dissout dans des enfantillages et des idées d'étudiants.
Jean
..."Bref, le mouvement des Ag interpro, qui n'avait de grandeur que comme expression d'un mouvement de contestation généralisée, en se conservant en l'absence de contestation, chute dans le ridicule et se dissout dans des enfantillages et des idées d'étudiants."...
Ah bon Jean ?
mais je croyais que "Les idées venaient en marchant, comme l'appétit en mangeant ?"...Mince, ça n'a pas l'air facile facile de critiquer systématiquement, on dirait même que c'est un vrai "métier" à réserver aux "connaisseurs"...
Non, plus sérieusement, cela à le mérite d'exister et aura peut-être(sans doute !), qui aurait la prétention de connaitre l'avenir, un rôle même infime dans la suite des évènements, quels et quand soient-ils...
...Comme tous ceux qui prennent le risque d'apporter avec bonne volonté leur contribution positive...
François.