Enquête. Portraits d'une France en révolte, sur le site internet de l'Humanité

La casse des retraites est votée
et promulguée, mais, dans la capitale
de la Savoie,
certains refusent
de rentrer au bercail. Ils sont sortis,
ils se sont trouvés,
ils ne se quittent plus. Douze heures dans
« Chambé » en lutte.

La Motte-Servolex, 10  h 45. Drôle d’endroit pour une rencontre. Dans la périphérie de Chambéry, la Maison de l’entreprise, siège du Medef local, trône juste en face du cimetière. Terrible lapsus géographique et politique : « Du boulot au caveau », comme l’ont dénoncé dans tout le pays les opposants à la contre-réforme des retraites, nous y sommes, littéralement ! « Moi, c’est ceux qui sont là devant que j’aimerais voir là derrière », grommelle un cheminot à la retraite, désignant tour à tour les patrons et les tombes. Mardi matin, à l’occasion de leur premier rendez-vous pour la journée nationale d’actions, une cinquantaine de militants occupent une fois de plus le terrain, pour le symbole. Alors que, au plus fort du mouvement, les manifestations ont rassemblé jusqu’à 15 000 manifestants dans cette ville de 60 000 habitants et que, pendant des semaines, les opérations de « blocage économique », les « péages gratuits », les assemblées générales ont été quotidiens, la tension est retombée, c’est indéniable. L’heure de la retraite aurait sonné, alors ?

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